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Napoléon Bonaparte n'a aucun secret pour Philippe Perfettini

Philippe Perfettini, expert Napoléonien et personnalité emblématique Ajaccienne a sorti un livre au titre accrocheur "Napoléon, Punk, dépressif...héros"

"Nous avons tous en nous un peu de Napoléon en nous ..." D'accord !

"... Sans être pour autant mégalomanes!" Ah bon ? ;)

Dans le personnage de Napoléon, il y a : un écorché vif, un marginal, un rebelle, un mélancolique, un presque suicidaire, et surtout une volonté sans faille et une force de travail sans limite.

Dans ce livre, Philippe Perfetinni raconte comment Napoléon lui a sauvé la vie. Comme quoi on a beau n'être plus de ce monde depuis 200 ans et étonner encore. 

Nous avons voulu en savoir plus ce que cet ouvrage (à dévorer d'un trait) contenait !

 

Philippe, que trouve-t-on dans ce livre (au titre qui donne clairement envie de l'ouvrir) ?
 
Comme disait Coluche, "c'est l'histoire d'un mec" qui est devenu le maître du monde. Ça, tout le monde le sait. Mais ce fait historique cache en fait une autre réalité que Napoléon a été le premier à enterrer. Il a construit, de son vivant, une image de dieu, un être supérieur et invincible. La propagande, la légende dorée et les grands écrivains romantiques (Hugo, Stendhal, Balzac, Dumas, Byron... etc) n'ont fait que confirmer cette tendance à tel point que l'on oublie que Napoléon est, avant toute chose, un homme comme les autres, ou presque.
Il a certes des capacités hors du commun, mais il a également des failles, des faiblesses, des fêlures comme chacun d'entre nous. Souvent, c'est pour ça qu'on l'apprécie, même sans le savoir, parce qu'on lui ressemble, tout ou partie. Il y en a qui ont la chance d'avoir une intelligence remarquable et d'autres, plus humblement, voient dans cet homme issu du peuple un point de repère, celui du self-made man, celui de l'homme parti de rien qui est devenu l'égal des dieux. Le plus remarquable modèle de développement personnel qui soit et la plus belle source d'ispiration. Il faut le dire, le rêve américain est né à Ajaccio le 15 août 1769 !
 
 
Napoléon est en quelque sorte la grande passion de votre vie, pourquoi et comment ça vous est tombé dessus ?
 
Je suis né à Ajaccio et j'ai grandi dans la vieille ville, à deux pas de la Maison Bonaparte. Comme la plupart des gosses, j'ai mis mes pas dans les siens sans me rendre compte de ce que ça pouvait bien signifier. C'est comme la plage et le soleil, on a tellement l'habitude qu'on n'y fait plus attention. 
C'est à l'université que tout change, après avoir péniblement obtenu mon Bac. J'avais un prof d'Histoire, monsieur Rolin, amateur de Casanis et fin connaisseur de Napoléon, qui me posait des questions presque tous les jours et... je ne savais pas répondre. Lassé d'entendre glousser mes camarades de classe et d'être "à la risa", j'ai acheté une biographie qui venait de sortir, écrite par Max Gallo. J'ai lu, des coeurs plein les yeux et me suis dit : "Putain... c'est ça Napoléon ?". La passion est née comme ça et ne me quitte plus.
 
 
Etait-il vraiment punk ?
 
Et comment !
Ca peut paraitre idiot de traiter le symbole de l'autorité absolue et le père du Code Civil de punk. Comment l’incarnation de l’Ordre peut être ainsi un vaurien, un synonyme du chaos, alors que le désordre le dégoûte ? Il faut chercher loin, très loin, dans sa vie, dans ses origines, pour le retrouver alors qu’il n’était qu’un enfant, un adolescent et un jeune adulte en apparence comme les autres, portant son mal-être entre la Corse et le continent, vivant en marge d’une société qu’il hait, tentant de bouleverser les codes pour faire sa place en équilibre sur un fil d’où il finit par tomber. Pour la rigolade, en bon punk qui se respecte, il déteste la monarchie britannique et il est aisé de blasphémer un peu la sacralité de son image d'Empereur en l'imaginant avec une crête sur la tête en vociférant des insultes contre la reine d'Angleterre, façon Sex Pistols.
Mais la ressemblance ne s'arrête pas là car il se rapproche également de l'idéologie "No Future", du moins pendant une partie de sa vie. En effet, le jeune Napoléon est marginal par nature et marginalisé par ses "camarades" de l'école militaire. Il est différent, et cette différence le met à part, à part dans une société où il ne voit pas de futur au point d'imaginer se suicider... jusqu'à ce qu'il devienne lui-même le futur, qu'il fasse l'Histoire. 
 
 
Est-ce que votre livre nous fera changer de regard sur cet homme historique ?
 
Le livre est avant tout destiné à celles et ceux qui ne connaissent pas, ne s'intéressent pas, ou n'aiment pas Napoléon. C'est -à -dire la majeure partie des gens. Il faut être lucide, l'histoire napoléonienne est vue de manière partiale et partielle la plupart du temps... Le but n'est pas de faire changer d'avis, mais de donner envie de connaitre cette histoire fabuleuse du petit gamin d'Ajaccio que rien ne destinait à être "grand comme le monde" comme l'a dit le général Kléber. 
Dieu de la guerre, c’est une évidence. Ange de la Mort, c’est indiscutable et regrettable. Ce côté obscur, paradoxalement trop souvent mis en lumière, ne m’intéresse pas particulièrement car : « Un grand guerrier ? Personne par la guerre ne devient grand » disait Maître Yoda, et l’esprit l’emporte toujours sur le sabre. Là n’est pas sa grandeur et le mérite revient à un de ses plus farouches opposants, Chateaubriand, d’avoir fait la plus belle description de Napoléon : « Le plus puissant souffle de vie qui jamais anima l’argile humaine » ! Et oui, contrairement à ce qu’on a voulu faire de lui, il est une ode à la vie, à l’énergie. Il est « l’âme du monde » selon Hegel. 
 
 
Pouvez-vous nous raconter une petite anecdote que l'on retrouve dans votre livre ?
 

La jeune Mary Dyer est Quaker et vit dans la région du Massachussetts. Elle refuse de se soumettre aux condamnations d’expulsion du territoire qui la frappent pour ses opinions religieuses. Finalement condamnée à mort et pendue le 1er juin 1660, sa mort ne lui faisait pourtant pas peur car elle refusa la proposition de grâce qui lui avait été proposée et, allant à la potence, elle dit : « Yea, and joyfully I go », « Oui, et j’y vais pleine de joie ». Remarquable histoire que celle de Mary Dyer et de son courage surréaliste face à sa fin prématurée. Il y a des gens comme ça, qui n’ont pas peur, qui s’adaptent et qui finissent par dominer, même l’inéluctable. Ils, ou elles, sont plus grands, ou grandes, une fois leur mort passée. Concernant Napoléon, c'est encore Chateaubriand qui vise juste : « Vivant, il a manqué le Monde. Mort, il le possède ».

Parfois, le déni nous pousse à dire que la maladie, les accidents, la mort n’arrivent qu’aux autres et nous enferme dans une fable de l’immortalité. Beaucoup d’entre nous, dont je suis, ont la fâcheuse tendance de nier la finitude ou en tout cas, de ne pas y penser, de regarder ailleurs… ce qui reste la meilleure façon de se leurrer face à cette loi absolue de l’existence : « On va tous y rester » comme le dit, plein de dépit, Billy dans Predator. Étonnamment, Napoléon, et beaucoup de ses proches dont Murat et Ney, ne sont pas dans ce déni et réussissent le double exploit de ne pas avoir peur de l’issue fatale et d’arriver à la regarder en face pour mieux la dominer. Vous objecterez qu’il n’y a là rien d’exceptionnel puisque les soldats sont conditionnés pour baigner dans un environnement morbide. Je pense exactement le contraire et éprouve une certaine fascination dans le fait de faire de la Mort un compagnon de route et presque une amie, autant qu’une ennemie, permettant d’accéder à l’immortalité dans le sens de rester présent et puissant dans la mémoire de tous au lieu de sombrer dans l’oubli ou d’accéder à un Paradis hypothétique. 

 
 
 
Ajaccio sans Napoléon, ça donnerait quoi ?
 
RIEN!

 

Merci Philippe Perfettini !

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