Dans la cadre de la publication de leur dernière note de conjoncture, les notaires dressent un bilan du dernier trimestre 2011 et tracent les perspectives du marché immobilier pour 2012. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que l'ambiance n'est pas vraiment à la fête! Après le coup de semonce de 2008, qui avait fait chuter les prix et les transactions, le secteur affichait depuis deux ans une santé quasi de fer: les ventes de logements neufs explosaient, soutenues par des mesures comme le Scellier, le PTZ+ donnait aussi de la vigueur à la vente dans l'ancien, les prix flirtaient avec des pics parfois indécents... tout allait – ou presque – pour le mieux dans le meilleur des mondes. Mais la conjoncture apporte son lot de désagréments, venant gripper les rouages d'un secteur alors au sommet de sa forme. Si 2010 et 2011 sont de « bons millésimes », la cuvée 2012 aura sans aucun doute moins de nez et de rondeurs, et laissera peut être à certains, un goût âpre.
2011, une fin au ralenti
Rappelons que le ralentissement de l'activité du marché immobilier a été amorcée à la fin du troisième trimestre 2011 : le volume de transactions dans l'ancien à la fin de l'année dernière a progressivement baissé (mais a toutefois atteint des sommets avec 832 000 ventes) et les prix, même s'ils ont affiché une hausse sur l'ensemble de l'année 2011 avec +9% pour les appartements et +4% pour les maisons, ont commencé à ralentir leur course effrénée pour se stabiliser à la fin du quatrième trimestre. Quant au neuf, 2011 lui a porté un coup sévère, le nombre de transactions a sacrément reculé...et les prix ont augmenté...« Le marché du logement est probablement à une tournant, clôturant une longue décennie commencée en l'an 2000 », indique la note de conjoncture des notaires de France, et de préciser «En effet, si on excepte « le trou d’air » immobilier de l’anne´e 2008 qui a dure´, suivant les secteurs, de 8 mois (a` Paris) a` 14 mois en Province, pendant cette pe´riode, tant en volumes qu’en prix, l’ensemble des marche´s immobiliers a e´te´ dynamique. Il faut se rendre a` l’e´vidence, les donne´es macro- e´conomiques nationales et internationales vont mettre fin a` ce dynamisme ». Vous l'aurez compris, 2012, pour l'immobilier, ne se profile pas sous les meilleures augures.
2012 ne sera pas « un bon cru »
Dans un contexte économique et financier morose avec une fiscalité durcie, l'ancien comme le neuf risquent, en 2012, de tirer un peu la langue. Les notaires envisagent pour les mois qui viennent une légère baisse du nombre de transactions dans l'ancien (entre 700 000 et 740 000), la disparition du PTZ+ dans l'ancien, des banques plus regardantes quant au niveau d'endettement pour l'octroi de crédits immobiliers sont autant d'éléments qui expliquent ce ralentissement. Pour le neuf, la fin du Scellier risquent de peser fortement sur l'activité des promoteurs immobiliers. Les notaires estiment que les ventes dans le neuf vont poursuivre leur baisse amorcée fin 2011 et anticipent parallèlement une baisse des prix de ces logements.
Un coup de frein mais pas partout
Car si les notaires s'accordent sur cet essoufflement immobilier, ils mettent en exergue que le coup de massue ne sera pas pour tout le monde. L'immobilier est un marché à plusieurs vitesses. Ainsi, la capitale et sa proche couronne vont résister, mais aussi les grandes villes de province et celles du littoral, à la baisse des prix qui sera bien effective sur le reste de l'hexagone.

