2011 : UNE BULLE IMMOBILIERE ?

23/05/2011

L’INSEE réfute l’existence d’une bulle immobilière


Jean-philippe-cotis Après l'interminable débat sur les perspectives du marché de l'immobilier, certains affirmant le maintien des prix à un niveau indécent quand d'autres parient sur leur baisse inéluctable, voilà que la bulle immobilière suscite à son tour la controverse, et une fois encore, les experts sont divisés. Alors bulle, ou pas ?

 
Il y a quelques jours à peine, le Centre d'analyse stratégique publiait une note intitulée « L'évolution des prix du logement en France sur 25 ans », laquelle mettait en exergue l'existence actuelle d'une bulle immobilière. Ou tout du moins en laissait entrevoir les contours, car l'étude précisait « Il est par essence impossible de prouver l'existence d'une bulle : ce n'est que lorsqu'elle éclate que son existence s'impose ». On comprend alors que la perspective de son possible éclatement, et donc de sa possible existence, aurait une incidence particulière sur le marché.

Aujourd'hui, le tout aussi sérieux Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE), prend le contrepied de cette analyse en désavouant, à demi-mot, la notion de bulle immobilière pour la conjoncture actuelle.  Alors que, pour expliquer cette bulle,  le Centre d'analyse stratégique argue de différents paramètres  soutenant la thèse d'un environnement fortement spéculatif, l'Insee  estime que, au contraire, la « sphère financière » n'explique pas à elle seule l'envolée des prix qui ont doublé ces dix dernières années. +141 % pour les prix dans l'ancien entre 1998 et 2010, +33% pour les loyers selon l'Insee...des augmentations bien plus fortes que celle enregistrée pour les revenus, +43% ces douze dernières années. L'institut attribue davantage cette flambée des prix des logements à la pénurie en terme d'offres, comme l'explique le Directeur Général de l'Insee, Jean-Philippe Cotis « En France, on ne voit pas une envolée de l'investissement, un excès d'investissement dans l'immobilier qui aurait pu justifier une embardée comme celle qu'on a vue dans les pays anglo-saxons ou en Espagne », et d' ajouter, « On est plus du côté de la sphère réelle de l'économie et de la rareté physique que du côté de complications financières ». Alors bulle ou pas ? L'avenir nous le dira !