LE MARCHE IMMOBILIER NATIONAL - PERSPECTIVES POUR 2011

 

 

René Pallincourt

 

« Le marché de l’immobilier se porte mieux »

Publié le 02/12/2010
 

Volumes de transactions, niveaux de prix, valeur verte des biens, réforme des aides à l'accession...le président de la FNAIM dresse le bilan immobilier de l'année et dévoile ses perspectives pour 2011.

 

 IMMO. Comment évolue le marché ?

RENÉ PALLINCOURT : Le marché de 2010 se termine dans d'assez bonnes conditions. Avec 700 000 transactions réalisées, nous retrouvons un rythme d'activité équivalent à celui enregistré en2005. Sur le plan national, les prix se sont stabilisés et le marché se porte mieux. La baisse est bel et bien finie ; nous avons même enregistré sur Paris, où la  pression de la demande est vive face à la pénurie d'offre, des hausses à deux chiffres. En province, l'amplitude des variations, à la hausse ou à la baisse, reste limitée mais sans dépasser 3 %. Nos prévisions de début d'année se trouvent ainsi confirmées. Une nouvelle fois, les conditions de crédit exceptionnellement favorables aux emprunteurs, ont permis au marché de retrouver plus de vigueur.

 

 IMMO. Comment vont évoluer les prix en 2011 ?

R. P. : La fiscalité peut venir corriger le score de l'activité, mais pour autant, je pense que 2011 devrait se positionner dans le prolongement de 2010. Et nous tablons sur des hausses qui ne devraient pas dépasser les 3 %, ainsi que sur des baisses du même ordre.

IMMO. L'arrivée des étiquettes énergétiques dans les annonces, àl'achat ou à la location, va-t-elle bouleverser le marché ?

R. P. : Bouleverser, sûrement pas. Il faut faire la différence entre les marchés tendus et ceux qui le sont moins : l'étiquette énergétique aura moins d'importance sur un marché où l'offre est rare, que dans des secteurs où l'offre est abondante et où le candidat acquéreur a un éventail de choix plus large. Il faudra un certain temps avant que le marché n'intègre cette valeur verte et que l'étiquette énergétique ne devienne un élément essentiel de la valeur vénale du bien et de son appréciation.

 

 IMMO. Qu'attendez-vous de la réforme des aides à l'accession autour du PTZ + ?

R. P. : Beaucoup. Ce prêt à taux zéro, au maintien duquel la FNAIM était très attachée, est devenu universel et a été doublé - sous réserve d'écoconditionnalité pour les logements qui affichent une étiquette comprise entre A et D - par rapport à 2010. Autre mesure importante : la possibilité de cumuler, jusqu'à fin 2013, le prêt à taux zéro avec l'éco-prêt. Si vous possédez un appartement énergivore, le cumul des deux permet aussi de doubler le montant du prêt sans intérêt, tel qu'il existe aujourd'hui. C'est une bonne nouvelle pour le marché et son écorénovation.

 

 IMMO. Quels seront les grands chantiers de votre Congrès annuel, qui se déroule à Paris les 6 et 7 décembre ?

R. P. : Vivre l'immobilier aujourd'hui : évolution ou révolution ? C'est la question à laquelle nous tenterons de répondre avec 2 000 de nos confères réunis sur deux jours, autour de trois séances plénières et d'ateliers de formation. Nous en profiterons également pour interpeller notre ministre, Benoist Apparu, sur l'avant-projet modifiant la loi qui régit nos métiers. Cet avant-projet a été rédigé par le ministère de la Justice dans le plus grand secret et sans concertation préalable avec nos organisations professionnelles. Ce congrès sera aussi l'occasion de revenir sur la loi de Finances pour 2011 et la réforme de la fiscalité du patrimoine, évoquée par le président de la République. Pour ma part, je ferai tout pour que l'immobilier réponde aux besoins en logement des Français et reste une valeur refuge, au moment où nos concitoyens nourrissent des inquiétudes quant à leur retraite.

Publié le 02/12/2010

Volumes de transactions, niveaux de prix, valeur verte des biens, réforme des aides à l'accession...le président de la FNAIM dresse le bilan immobilier de l'année et dévoile ses perspectives pour 2011.